Atermoyer, en cette période, pour vendre son bien immobilier est un défi plus que risqué, pour ne pas dire une gageure

Rédigé par Sophie Perron - - 1 commentaire
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Les transactions immobilières sont, depuis plusieurs années, en régression constante en termes de volume et les prix de cession baissent inexorablement. Les vendeurs s’épuisent à rechercher (très souvent en vain) l’acheteur qui acceptera de payer le prix de vente proposé. Ce qui incite certains d’entre eux, à retirer de la vente leur habitation dans l’attente de jours meilleurs.

Au cours de l’année 2012, comparativement à l’année précédente, les ventes ont diminué de 17 % et l’année 2013 risque de ne pas générer d’amélioration notable. Ce contexte rend, plus difficile que jamais, la cession d’un logement. Seuls les vendeurs qui consentiront à aligner leur prétention financière sur les nouveaux prix du marché (qui depuis, plus d’un an, ne cesse de chuter), pourront se défaire de leur possession. Dans le cas contraire, les durées de mise en vente dureront, perdureront, se prolongeront et en fin de compte s’éterniseront.

De nombreux vendeurs, ont déjà pu, malheureusement, le constater. Le seul moyen actuel permettant de vendre (dans une durée raisonnable) est d’accepter les nouvelles « règles du marché » et d’oublier les prix qui ont été pratiqués lors des années précédentes. La crise a accentué les difficultés économiques des personnes (faisant, notamment, partie de la classe moyenne française), elle a réduit le pouvoir d’achat de nombreux acquéreurs potentiels. Les banques ont, quant à elles, affermi les conditions d’attribution des prêts alors que le gouvernement français a diminué les aides spécifiques. Un seul élément est actuellement positif, c’est le niveau des taux de crédit immobilier qui est historiquement bas. Mais c’est un peu l’arbre qui cache la forêt, parce que (comme nous l’avons vu précédemment) le durcissement des modalités d’octroi des emprunts (notamment en ce qui concerne le montant de l’apport personnel) a quasiment réduit à néant l’effet positif que cet avantage aurait pu produire : une amélioration du nombre des transactions et une stabilité des prix de vente. Deux facteurs primordiaux seront les moteurs d’une reprise ou au contraire d’une dégradation : la crise économique et les montants des taux d’intérêt.

En ce qui concerne la présente récession financière et budgétaire, rien actuellement ne peut permettre d’en deviner la durée mais ce qui est sûr c’est qu’elle ne prendra pas fin dans les mois à venir, ni même vraisemblablement, au cours des toutes prochaines années. Quant aux montants des taux bancaires, il est utopique d’imaginer que ceux-ci puissent continuer, d’une manière significative, à baisser. Une stabilité au niveau actuel serait déjà une très bonne nouvelle. Mais l’hypothèse à privilégier (et à redouter) est une plus ou moins importante augmentation des taux de crédit. Il est bien évidemment impossible d’imaginer, à court terme, une progression significative du pouvoir d’achat des français. Cette stagnation (ou peut-être même cette régression) empêchera mécaniquement la progression des prix de vente.

De nombreuses études démontrent que les cycles de baisse des prix ont, quasiment, toujours été très longs. Il en va de même pour les périodes de hausse, la dernière a duré presque quinze ans (1997-2011). Mais la chose rassurante réside dans le fait (que d’une manière historique) une phase de baisse a toujours été plus courte que le temps de hausse qui l’avait précédé. Pour permettre de « gommer » les effets néfastes de la bulle immobilière actuelle, les spécialistes s’accordent pour prévoir qu’il faudra cinq années de baisse ininterrompue des prix, ce qui à l’arrivée représentera une dévaluation des valeurs immobilières de 30%.

Actuellement, il est raisonnable d’estimer que la chute des prix de vente, depuis le début de la crise, s’élèvent entre sept et dix points ce qui conduit à évaluer le délai théorique, restant à courir avant une amélioration, à environ (plus ou moins) quatre années. Ce qui démontre, qu’actuellement chaque mois qui passe, conduit les vendeurs à une lente mais inexorable dépréciation du prix de cession de son bien immobilier. Il est donc préférable de vendre aujourd’hui (à la valeur actuelle) plutôt que de devoir céder demain, pour à un prix encore moins attrayant. Vendre aujourd’hui c’est possible, mais pour cela il faut être au bon prix.

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1 commentaire

#1  - Camille Lemoine a dit :

Merci beaucoup pour cet edito

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